Yukon archéologie !!

#1041
Redbow
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Déjà mentionné ci-dessus :
ARCTIC VOL. 57, NO. 3 (SEPTEMBER 2004) P. 260–272
Ethnographic and Archaeological Investigations of Alpine Ice Patches in Southwest Yukon, Canada
Auteurs : P. GREGORY HARE, SHEILA GREER, RUTH GOTTHARDT, RICHARD FARNELL, VANDY BOWYER, CHARLES SCHWEGER and DIANE STRAND
http://pubs.aina.ucalgary.ca/arctic/Arctic57-3-260.pdf

J’ai traduit une partie de cette publication :
« Dart Shafts » page 263 :
« Hampes des sagaies :

Il y a une variabilité considérable dans l’échantillon de fûts de sagaies dans la collection du Ice Patch Research Project. Les hampes vont du très fin au très robuste ; les sagaies sont d’une seule pièce de bois ou sont composite et équipées d’avant-fûts détachables ; certaines sont construites avec expertises tandis que d’autres sont assez grossières.
Les dimensions des sagaies sont très variables.
Parmi les 8 hampes de sagaies complètes ou presque, la longueur maximale est de 194 cm (JcUu-1:. 16, figure 1). La variation du diamètre le long de la longueur de la sagaie semble être une caractéristique déterminante ; la plupart des hampes peuvent être caractérisées comme longue et effilée, avec la section la plus épaisse ou plus lourde à l’extrémité distale où se fixe la pointe. Il est visible que la plupart de ces sagaies étaient très flexible et devaient osciller fortement lorsqu’elles étaient propulsées. Un certain nombre de sagaies cependant, sont plus uniforme en épaisseur mais plus courtes, indiquant qu’elles avaient été utilisés comme des projectiles plus rigides. La plus grande extrémité distale observée mesure 1,54 cm de diamètre (JdVb-2: 9), tandis que l’extrémité proximale observée la plus petite mesure 0,46 cm de diamètre (JcUu-1: 18), une mesure considérablement plus petite que l’extrémité proximale moyenne d’une flèche. En regardant les extrémités, il est souvent possible de déterminer si les sagaies ont été fabriquées à partir de tiges ou de bois refendu.

De 43 fûts de sagaies,
44% (n = 19) sont fabriqués à partir de bois fendu,
32% (n = 14) sont fabriquées à partir de tiges,
23% (n = 10) n’a pas pu être identifié.

Dix-sept fûts de sagaies ont été examinés au microscope par Gregory Young de l’Institut canadien de conservation (Young, 2000) pour déterminer le type de bois.
Parmi ceux-ci,
70% (n = 12) ont été identifiés comme de bouleau (Betula sp.),
Deux étaient en épicéa (Picea sp.) (12%),
deux étaient en saule (12%),
et une sagaie était en érable (Acer spp.) (6%) (tableau 6).

Alors que l’érable peut sembler hors contexte dans le Yukon, l’érable Douglas ou Rocky Mountain Maple (Acer glabrum Torr.) a été signalé sur les cols de montagne de basse altitude reliant la côte de l’Alaska, à moins de 75 km vers le sud (Bruce Bennett, Yukon Department of Environnement, comm. pers. Hare 2000).

Ethnographiquement au Yukon, le bouleau est le bois préféré pour les arcs, des raquettes, et d’autres objets de valeurs de la culture matérielle (cf., Legros, 1981: 494ff). Un autre aspect de la technologie implique la fabrication de sagaies à partir d’un seul morceau de bois ou de sagaies composites constituées d’une hampe et d’un avant-fût assemblés par un biseau simple et ligaturées de tendon.
Une sagaie dans la collection (JcUu-2: 1) est composée d’au moins trois sections, jointées au milieu et jointées pour un avant-fût (manquant) à l’extrémité distale. C’est peut-être un exemple d’une réparation sur une hampe de sagaies.
Alors que les parties centrales ont été récupérés plus fréquemment que les extrémités proximales ou distales des sagaies, huit proximale et 13 extrémités distales des hampes de sagaies ont été identifiés. Les extrémités proximales sont caractérisées par la présence d’une petite cupule conçue pour accueillir le crochet du propulseur (Fig. 2). Les extrémités distales ont été identifiées généralement par la présence d’une encoche à l’extrémité de la tige, destiné à recevoir un pointe de pierre (Fig. 3). La seule exception à cette encoche apparemment standard était une sagaie de 152 cm (JcUu-1: 17, figure 4.) avec une extrémité en biseau simple destinée à accueillir un avant-fût en bois ou en os. Huit des 13 parties distales identifiés sont effectivement des avants-fûts de sagaies: cinq sont faites de bois et trois de bois de cerf. Un avant-fût en bois de cerf (JcUu-2:. 21, figure 5) est un morceau massif barbelé d’un seul côté avec 35 barbes au total et mesure 39,5 cm de long et 2,2 cm de large. L’artefact est fendue à son extrémité distale pour l’insertion d’une pointe en pierre, tandis que l’extrémité proximale se rétrécit en biseau. Curieusement, les dommages d’impact semble être présents à l’extrémité proximale. Trois des fûts de sagaies présentent des traces d’ ocre. Neuf possèdent encore des liens en tendons, et un certain nombre d’entre elles ont également des restes de plumes ou d’empennage.
(….)
Chronology for Throwing Dart Systems page 265 :

Chronologie de l’usage du propulseur

La disponibilité des artefacts organiques de la collection Ice Patch Research Project offre la possibilité de dater directement l’utilisation de sagaies et de propulseurs. La sélection d’objets pour la datation reposait sur la présence d’au moins une caractéristique sans équivoque de la technologie des sagaies: une cuvette à l’extrémité proximale d’une sagaie, un grand diamètre avec une encoche d’ emmanchement sur l’extrémité distale d’une hampe ou préhampe, hampe de diamètre supérieur à 1,20 cm, ou une section médiane mesurant plus de 100 cm.
En tout, ces critères ont permis d’identifier 28 artefacts échantillonnés pour une datation AMS au carbone 14.
Les dates varient de 8360 ± 60 BP 1250 ± 40 BP, avec la majorité des dates comprises entre 4700 et 3200 BP (voir les tableaux 2 et 3).
Le plus ancien artefact dans la collection (JhVl-1: 32) est un segment médian mal référencé d’un hampe de sagaies (en quatre morceaux). La construction, et les variations stylistiques et dimensionnelles observées dans la collection du Ice Patch Research Project ne semblent pas suivre une évolution chronologique.
Tout au long de la période, les tiges et bois fendus ont été sélectionnés pour la production des hampes en nombre à peu près égal, et il n’apparaît pas de préférence évidente pour une hampe simple ou composite.
Le bois de bouleau est préféré tout au long de la période d’utilisation du propulseur (tableau 6). La prépondérance de l’encoche sur les hampes de sagaies indique que les pointes de pierre étaient l’armature préférée.
Dans la collection, seulement cinq sagaies comprennent des parties en os ou en bois de cervidé.

Celles_ci :

JhVl-1: 1 pointe en bois de cervidés datée à 7310 BP Fig. 8
JcUu-1: 21 pointe de bois de cerf sans ardillons datée à 3870 ± 40 BP;
JcUu-2: 21, avant-fût massif en bois de cerf (Fig. 5) daté de 4360 ± 40 BP;
JhVl-1: 28 avant-fût en bois de cerf daté à 3880 ± 40 BP;

JcUu-1: 17 une hampe de sagaie complète de 152 cm de long avec un biseau à l’extrémité distale. Le biseau, avec le tendon bien conservé, a été conçu pour accueillir une pointe en bois de cerf biseautée. Cette hampe de sagaie est intrigante car elle est datée à 1260 ± 60 BP. Avec cette date, elle représente la dernière apparition de la technologie du propulseur et apparemment correspond à la période de transition des pointes en pierre aux pointes en os / bois de cerf et à l’adoption de la technologie de l’arc. »