POINTES DE FLECHES AGEES DE – 50 000 ans ? ? ?

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KROM
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Néandertal en armes ? Des armes, et de l’arc, au tournant du 50ème millénaire en France méditerranéenne / Laure Metz

http://lampea.cnrs.fr/spip.php?article3511

lundi 14 décembre 2015 – 14 heures Aix-en-Provence : MMSH – salle Paul Albert Février

Jury
– François BON – Jean-Pierre BRACCO – Jean-Michel GENESTE – Jesús Emilio GONZÁLEZ URQUIJO – Jacques JAUBERT – Cristina LEMORINI – Hugues PLISSON

Résumé

Ce travail questionne la notion d’armement dans les 10 derniers millénaires du Paléolithique moyen en France méditerranéenne. La séquence supérieure de la Grotte Mandrin à partir de laquelle a été définie la structure culturelle et chronologique (du 55 au 43ème millénaire) de la fin du Paléolithique moyen dans cet espace géographique est au coeur de ces questionnements. Cette étude reconnaît pour chacune de ces phases culturelles les objets employés dans la fonction d’armement. Chaque phase culturelle exprime aussi ses particularités au travers de ses armes, techniquement différentes d’une phase à l’autre. Dans cette séquence, le niveau Néronien de la Grotte Mandrin apparaît comme une anomalie, tant d’un point de vue technique, que fonctionnel. Ce niveau offre en effet un terrain d’enquête singulier. Sa profusion de pointes leur caractère non seulement microlithique mais plus encore standardisé m’a amené à réfléchir sur la finalité de ces productions. Alors que dans les sites d’Europe Occidentale les plus riches en pointes Levallois, le pourcentage de pointes n’atteint jamais les 5 % de l’ensemble des supports en présence, celles du niveau Néronien de la Grotte Mandrin constituent près de 40 % de l’ensemble des supports. La couche E de Mandrin livre ainsi plus de pointes que l’ensemble cumulé des sites moustériens à pointe d’Europe occidentale. Pour 80 % de ces pointes l’épaisseur varie de moins de 3 mm, avec une épaisseur comprise entre 2 et 5 mm pour une largeur centrée entre 16 et 25 mm pour 60 % d’entre-elles. Quelle est la signification de cette signature associant standardisation et microlithisation réelle au sein d’une unique unité de cette vaste séquence archéologique ? D’un point de vue fonctionnel, des questions sur les modalités de leur utilisation sont posées. Les plus petits éléments (micro- et nanopointes) étaient-ils investis d’un statut particulier ? Au travers d’une étude fonctionnelle spécifiquement orientée vers la recherche, la détermination et la compréhension des associations de stigmates d’impact, une méthode d’approche, l’étude impactologique, est ici exposée à partir de la constitution d’un référentiel expérimental original. L’étude impactologique des pointes de Mandrin E révèle qu’au moins 15,5 % d’entre-elles ont été utilisées comme partie vulnérante ou perforante d’arme. Leur comparaison avec la Vigne Brun, un ensemble du Gravettien, contexte pour lequel la notion d’armatures à propulsion mécanique est communément acceptée, montre des convergences frappantes tant en termes de catégories de fractures que de leur représentation. Enfin, l’étude des pointes les plus légères, micro- et nanopointes, représentant la moitié du corpus des pointes de Mandrin E, révèle que plus d’un 1/3 se trouve être affecté par des stigmates diagnostiques d’impact. En l’absence de tout autre critère révélateur d’autres fonctions et du taux exceptionnellement élevé de pièces impactées, il faut ici envisager que ce soit la totalité de ces objets de petit module qui relève directement et exclusivement de la sphère des armements. Le module extrêmement réduit de ces micro- et nanopointes induit une inertie pondérale particulièrement faible que seul un système de propulsion à très forte énergie cinétique peut compenser. La réflexion a donc porté sur le mode de propulsion employé permettant de rendre effectif et efficace ces pointes de très faible dimension, parfois infracentimétriques. Pour cela, une étude morphométrique a été réalisée sur des pointes expérimentales et archéologiques puis comparée à des données ethnographiques. Les résultats amènent à la conclusion que seul un système de propulsion tel que l’arc a pu compenser la faible énergie cinétique des tous petits éléments impactés découverts à Mandrin E.