Tendon et colles animales

  • Ce sujet contient 18 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Redbow, le il y a 3 années et 11 mois.
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 19)
  • Auteur
    Messages
  • #4824
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Je viens de faire un collage de tendon sur un arc en if avec un mélange de colle de “nerfs” et de colle de peau de lapin en poudre achetés à Paris chez Dugay.
    Du coup je révise mes connaissances et je trouve sur le web cet article fort intéressant :

    Vertus des colles anciennes

    #4826
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Voici une description de ma fabrication de colle de tendon publiée en 2006 (pu….. 10 ans !)
    J’ai suivi en partie les instructions de Tim Baker dans “Glue” dans le volume I de Traditional Bowyer’s Bible (Bois d’Arc Press).
    Les voici enrichies de mon expérience personnelle :
    Faites ça quand vous avez du temps car il faut surveiller la cuisson et ça prend 2 à 3 journées. Le soir vous pouvez éteindre et reprendre le lendemain.
    Attention à la propreté de tout ce qui est en contact avec la colle : doigts, ustensiles, récipients.
    Pensez également à l’air ambiant, évitez l’humidité, la poussière, le gras.
    C’est pas le moment de faire des frites, de secouer les tapis et d’ouvrir les fenêtres.

    PREPARATION

    Je disposais de 320 grammes de déchets de tendon : fibres trop courtes, trop fines, trop résistantes, gaines de tendons. Les morceaux trop gros, trop durs peuvent être coupés à la hache. Le but est de favoriser le contact entre l’eau et le tendon.
    Pour commencer j’ai utilisé 140 grammes de tendon sec.
    On met les déchets les plus propres possible à tremper, juste recouverts d’eau.
    J’utilise de l’eau filtrée.

    Eventuellement on dilue au début avec très peu de soude ou de lessive de soude qui réagit avec les traces de gras pour former du savon il faut donc rincer puis neutraliser avec du vinaigre.
    Si on utilise pas de soude rincer simplement à l’eau.
    On peut aussi laisser tremper une nuit ou 2 jours pour réduire par la suite le temps de cuisson.
    Dan ce cas garder l’eau de trempage pour la cuisson.

    CUISSON

    Au minimum 24 heures pour extraire le maximum de colle.
    Au bain-marie.
    Ca consomme un peu plus d’énergie qu’une cuisson directe mais c’est plus stable et contrôlable.
    J’ai mis la mixture dans un grand saladier en pyrex dans une marmite contenant de l’eau sur une table à induction réglée à 2 sur 12 maxi. Mais parfois ça montait à 80°C et plus.
    Le fond du saladier ne doit pas toucher le fond de la marmite. J’ai fait chauffer rapidement l’eau seule puis j’ai mis le saladier.
    Mettre un couvercle sur le saladier, porter à 77°C et bien mélanger de temps en temps car la température n’est pas homogène dans le saladier.
    J’ai utilisé un thermomètre à yaourt. (40- 80°C). Je mesure la température au point le plus chaud c’est à dire au fond du saladier.
    L’idéal c’est un bain-marie avec thermostat intégré mais ça coûte bonbon.
    Il est en effet difficile de maintenir une température précise pendant des heures.
    Ca gonfle et au bout de quelques heures ça ressemble à de la choucroute.
    Il s’agit d’extraire les molécules de collagène en les abîmant le moins possible.

    FILTRAGE

    Après au moins 11 heures de cuisson quand le jus devient assez trouble et un peu visqueux je fais une “première pression” avec une cafetière italienne à piston, ça, c’est mon idée !
    La cafetière permet de filtrer et de presser en même temps.
    C’est mieux que le torchon qui absorbe une partie de la colle !
    Je filtre et je verse par petites quantités dans une casserole.
    A chaque fois je mets la choucroute filtrée dans un récipient intermédiaire.
    Quand tout est filtré, je remets un peu d’eau dans la choucroute et c’est reparti à 77°C pour quelques heures. Il faut ajouter juste assez d’eau après chaque filtrage pour que tout soit à peu près imbibé. A vous de juger.
    D’après Tim Baker les Turcs faisaient une première “coulée “au bout de 11 heures réputée de meilleure qualité pour les arcs composites. En effet, plus on chauffe longtemps plus on obtient de la colle mais en moindre quantité et de moins bonne qualité.

    REDUCTION

    Tim Baker indique de monter en température (rolling boil) pour créer un dépôt en surface contenant les impuretés et le gras éventuel qu’il faut alors enlever.
    Mais pour moi c’est une opération délicate qui risque d’abîmer la colle et qui n’est pas nécessaire si on a pris des précautions auparavant.
    Je fais alors réduire (sans couvercle) la colle filtrée à 60°C si j’ai le temps, elle reste blanchâtre.
    Ou à 77° c maxi mais elle jaunit un peu si ça dure trop longtemps ce qui n’est pas bon signe.
    La casserole est mise directement sur l’induction réglée à 2, mais comme il n’y a pas de couvercle la température ne dépasse pas la température critique de 77°C.
    Il faut remuer souvent sinon un film se forme à la surface.
    Ce film est en fait la meilleure partie de la colle !
    S’il s’est formé, il suffit de le dissoudre dans le reste en mélangeant avec un bâtonnet ou avec le thermomètre.
    Il faut réduire suffisamment sinon le séchage par la suite est très long.
    Quand la colle filtrée est assez visqueuse, je la verse sur un plastique tendu sur un plan de travail, ça fait une omelette bien ronde et épaisse de 2 à 3 mm.

    SECHAGE

    Je laisse figer de 30 à 60 minutes, puis je suspends le plastique et l’omelette le long d’un radiateur pas trop chaud pour ne pas faire fondre la colle ! (attention à la poussière)
    Après, j’enlève la colle par morceaux quand les bords de l’omelette commencent à sécher.
    Je pose ces lambeaux élastiques sur un autre plastique ou suspendu sur un rebord au-dessus du radiateur ou près d’un extracteur de VMC.
    Je déplace, je retourne les morceaux de temps en temps et quand c’est presque sec je découpe des morceaux de 1 cm2 avec des ciseaux. Après c’est trop dur ou ça explose sous la pression des ciseaux.
    Quand les morceaux secs sont bien homogènes c’est extrêmement résistant et élastique, transparent et jaunâtre.
    Je fais par la suite un second et un troisième filtrage, quand j’obtiens à nouveau un jus trouble.
    Il faut veiller à ne pas gaspiller la colle qui se dépose sur les ustensiles, dans les casseroles etc…
    Votre bon sens vous permettra de la récupérer d’une manière ou d’une autre.

    RESULTAT

    Après 24 heures et quelques…(au bout d’un certain temps on ne compte plus)
    J’obtiens un rendement de 17%, soit 17g de colle sèche avec 100g de tendon sec.
    Donc 54 grammes de colle sèche avec mes 320 grammes de tendon sec.
    Qui dit mieux ? Le tendon est un matériau extraordinaire !
    Pour de plus grandes quantités il suffit d’augmenter la taille des récipients.
    En tout cas je ne doute pas de la qualité de cette colle artisanale et garantie sans additifs pour les collages les plus exigeants.
    Certains asiatiques mangent du tendon.
    En bas de chez moi, on trouve du tendon de bœuf frais congelé chez le boucher à 3.80 € le kilo !! Il suffirait de décongeler, nettoyer, hacher avec un robot, et hop au bain-marie.
    Plus besoin d’attendre des années à accumuler des chutes de tendon.
    Mais aurais-je le courage et la patience de recommencer ?
    Il suffit d’avoir du temps, le resultat fait toujours plaisir, c’est magique.
    A vous de jouer !

    colledetendonmaison.JPG

    La couleur de la photo est trompeuse c’est beaucoup moins orangé !!

    #4829
    Anonyme
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    bonne idée
    bonne chance

    #4832
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Salut Divico,

    J’espère que tu parles assez bien français pour me comprendre et me répondre ??
    J’ai vu tes arcs en if avec backing en peau (rawhide) à Auneau.

    On peut coller la peau avec de la colle animale (nerf, peau) et aussi avec de la TITEBOND (aux USA).
    La TITEBOND n’a rien à voir avec les colles à bois vinylique qu’on utilise en Europe.
    On peut aussi quand même utiliser la colle à bois vinylique (?)

    – Quelle(s) colle(s) utilises-tu pour coller le rawhide ?
    – Comment protèges-tu le rawhide : vernis, cire, huile, graisse ?

    #4835
    KROM
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Je n’ai lu que l’article super intéressant sur l’actualité des colles animales naturelles qui sont suffisamment anciennes pour être préhistoriques.
    Le fabricant de colle de peau de Toulouse a fourni pas mal de compétiteurs par le passé et toujours actuellement je crois.
    De mon côté je n’utilise que de la colle de nerfs (tendons) déshydratée en granulés que je refais sécher après usage pour la conserver.
    Il n’y a aucun conservateur et je n’ai jamais eu de problèmes avec.
    La couleur miel est le signe d’une cuisson trop forte, mais je trouve qu’elle est très correcte.
    Celle que je fabrique est transparente et incolore, elle doit être meilleure, mais je ne sait pas faire la différence.
    Dans la marqueterie ils mélangent avec de la colle d’os. C’est pour assembler des supports rigides.
    Nous pour le dos des arcs ou même des ligatures on a besoin de souplesse et il ne faut pas de colle d’os.

    Le top du top, c’est la colle de VESSIE NATATOIRE D’ESTURGEON de notre ami Denis Bétoulle ! :woohoo:
    http://www.ginellames.fr/fr/creations/colle/colle.php
    Sur le site de Bernard c’est là qu’elle est la moins chère. 😆

    COLLEVESSIE.png

    Je n’ai pas encore lu la technique Redbow, mais ça va venir. . . 😉

    #4850
    Anonyme
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Je le comprends assez bien, mais l’écriture est très difficile. 😳

    A coller rawhide ou tendon, j’ utilise seulement la colle de lapin. Il est le matières d’origine animale, et a les mêmes caractéristiques.
    Pour couvrir les tendons sur l’ arc, je recommande rawhide.

    Colle séchée se dissout pas si simple, bien un jour dans la pluie est pas recommandé. Je protège la surface avec de l’huile de lin et “tungoil”
    https://en.wikipedia.org/wiki/Tung_oil.

    #4851
    Anonyme
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Je ne peux pas écrire en français la déclaration. J’espère que vous pouvez le traduire.

    Ich glaube nicht, dass Sehne einen Bogen schneller macht. Sehne ist elastischer und schwerer als das Splintholz der Eibe. Es ist aber ein sehr guter Schutz gegen brechen.

    Zum kleben von Sehne und Rohhaut muss man einen wasserlöslichen Leim verwenden, damit eine gute Verbindung mit dem Material gewährleistet ist. Fast jeder wasserlösliche Leim ist empfintlich gegen Feuchtigkeit. Also gibt es keinen Grund modernen chemisch hergestellten Leim zu verwenden.

    Ich bin überzeugt, dass Kleber auf Basis von Collagen so alt ist wie das Kochen in Tontöpfen. Kocht man einen Knochen im Wasser löst sich Gelatine, also kann man im Grunde jeden Bratenfonds aus der Küche auch als Leim verwenden 😆
    Nur ist es so, dass sich Collagen sehr schnell zersetzt und von allerlei Mikroorganismen als Nahrung aufgenommen wird. So ist es für mich mehr als verständlich, dass in älteren Funden Collagen nicht nachgewiesen werden kann.

    #4852
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Merci pour ta réponse Divico,

    J’ai pas le temps d’améliorer la traduction (Reverso) :

    “Je ne crois pas que le tendon rend une feuille(un arc) plus rapide. Le tendon est plus élastique et est plus lourd que le bois de goupille de l’if. Cependant c’est une très bonne protection contre rompent.

    A collent du tendon et de la peau cru on doit utiliser une colle soluble dans l’eau pour qu’une bonne liaison(connexion) avec le matériel(la matière) soit garantie. Presque chaque colle soluble dans l’eau est empfintlich contre l’humidité. Donc il n’y a aucun fond(raison) d’utiliser la colle chimiquement produite moderne.

    Je suis convaincu que la colle est si vieille à la base des collages comme la cuisine dans des pots de son. Si on fait un os dans l’eau la gélatine se détache, donc on peut utiliser au fond chaque fonds de rôti de la cuisine aussi comme la colle :lol :
    Seulement c’est ainsi que se des collages très vite décomposé et des micro-organismes de toutes sortes comme la nourriture pris(ajouté)”

    #4853
    Anonyme
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Voila, je voulais dire exactement ca.

    #4854
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Le tendon rend un arc plus rapide s’il est court et reflex, mais il faut que le bois supporte la compression, c’est pour cela qu’on a inventé les arcs composites où le bois est remplacé par la corne beaucoup plus résistante en compression que le bois.

    Les meilleurs bois en compression sont l’osage, et certains bois denses l’if aussi bien qu’il ne soit pas généralement très dense.
    A défaut on fait des branches très larges sur ces arcs courts pour améliorer la résistance en compression (arcs indiens du Nord ouest)

    Le tendon est deux fois plus dense que le bois : sur un arc long (plus de 60 pouces) l’astuce consiste à faire des couches dégressives de tendon : trois couches poignée début de branche, deux couches milieu 2/3 branche, une couche fin de branche, pas de tendon sur les derniers 10 à 20 cm.

    #4867
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Je viens de coller la peau sur l’arc en if doublé de tendon avec de la colle de nerfs et colle de peau de lapin.
    J’ai avancé de 10 cm en 10 cm pour ajouter la colle au fur et à mesure.
    Ma bande de peau en cerf était un peu juste en largeur, j’ai pu quand même rabattre sur les bords, on verra…
    J’ai utilisé une bande de tissu (draps) pour maintenir la peau et j’ai chauffé après pour faire fondre la colle sous la peau….à suivre…

    #4868
    Anonyme
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    [quote=”Redbow” post=3047]
    J’ai utilisé une bande de tissu (draps) pour maintenir la peau et j’ai chauffé après pour faire fondre la colle sous la peau….à suivre…[/quote]
    très bien fait
    Réchauffer est la meilleure méthode pour obtenir les meilleurs résultats.
    appliquent également d’abord une fine couche sur le bois

    #4883
    KROM
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Merci Redbow d’avoir partagé ta technique d’obtention de colle.
    Très précis, très documenté, très grande qualité de travail, très professionnel !
    Je te reconnais bien là ! 😆
    Après avoir échangé avec toi au sujet de nos façons de faire à propos de la colle et des tendons,
    je me suis rendu compte qu’au bout de toutes ces années, je n’avais pas évolué niveau matériel
    pour préparer ou utiliser la colle.
    Certes je n’utilise pas un coquille Saint Jacques et un feu de bois, même si j’ai déjà fait de la colle
    avec ce matos, qui n’est pas si mal. En effet, pour fixer des pointes et faire quelques ligatures, on
    arrive à avoir assez de colle en une heure à peine et peut être moins.
    Non depuis 25 ans et peut être plus, j’utilise une casserole et une gamelle qui trempe au bain marie.

    MIJOTEUSEA.jpg

    #4887
    KROM
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    Avec cette gamelle j’ai tout fait…….
    D’ailleurs il serait temps de filtrer ma colle … :dry:
    [color=#000044]
    J’ai décidé de me moderniser ![/color]

    Emmaüs à 7 €, une mijoteuse :

    MIJOTEUSEB.jpg

    MIJOTEUSEC.jpg

    MIJOTEUSED.jpg

    Quelques tests plus tard, c’est pas mal du tout.
    On contrôle très bien la température, elle se maintien à volonté, le récipient est allongé et plus adapté,
    on déshydrate assez vite à la colle pour la conserver, je pense qu’on doit pouvoir même facilement
    fabriquer de la colle sans trop surveiller. :woohoo:
    Je suis très content de mon évolution technologique. 🙂
    Merci à Redbow de m’avoir éveillé… :blink:

    #4892
    Redbow
    Participant
    • Offline
      • Sujets0
      • Réponses0
      • ☆☆☆☆☆

    C’est trop, tous ces compliments ! Merci !
    Je suis ravi de t’avoir inspiré pour progresser dans ce domaine…
    J’essaye d’apporter ma modeste contribution à ce forum pour tous les compétiteurs, surtout pour les débutants, les nouveaux venus.
    Il est vrai qu’aujourd”hui (par rapport aux années 90) les informations sur la facture d’arcs sont nombreuses sur internet si on est patient car il faut passer du temps à les chercher et les rassembler.
    Je reste persuadé que rien ne vaut la lecture de livres pour apprendre la facture d’arcs et les forums quand on se lance dans la fabrication pour partager des expériences ou donner des pistes aux débutants et enfin les rencontres sur les manches du championnat pour voir les arcs fabriqués par nous tous et en parler à l’infini…

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 19)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.