Technique de tir de sagaies au propulseur

Technique de tir de sagaies au propulseur

LA POSTURE

Les consignes sont données pour les droitiers, il faut inverser pour les gauchers. Les pieds doivent être alignés sur l’axe de tir, pied gauche devant. La pointe des pieds écartée vers l’extérieur, le pied avant doit être plus écarté, presque orienté vers la cible pour que le genou gauche puisse se plier et accompagner le tir. Le genou droit est plié, le genou gauche est tendu. Le buste est parallèle à l’axe de tir.

La main droite, main de propulseur, poignet cassé vers l’arrière presque à angle droit et s’arrête juste après la tête. Il ne faut pas avoir la main trop en arrière de la tête voir le bras tendu en arrière. La main trop en arrière ou pire le bras tendu en arrière, même si cela paraît donner plus de puissance occasionne un tir aléatoire.

Le coude forme un angle de 45 degrés si on porte la sagaie au niveau des yeux ou 90 degrés si on la porte au niveau du haut de la tête. La sagaie passe à 5, 10 centimètres des yeux ou de la tête suivant la posture. Il faut vérifier avant le tir que la sagaie soit bien dans l’axe. Le propulseur qui est derrière le tireur peut être facilement orienté pour tirer trop à droite.

Avant de tirer, il est utile de vérifier en regardant le propulseur s’il est bien orienté, le poignet doit effectuer une légère rotation vers la droite pour rester dans le prolongement de l’avant bras. La main gauche peu servir à stabiliser la sagaie au moment où on prend la posture, mais ne doit plus toucher la sagaie ni être trop proche de celle-ci au moment du tir au risque de fausser la visée. La main gauche est positionnée à l’avant du corps, vers la cible, soit presque tendue, soit un peu plus basse, bras semi fléchis ce qui permet d’équilibrer le corps qui est penché vers l’arrière.

VISEE

La sagaie doit mesurer au minimum 2 mètres de long, pour pouvoir, lorsque l’on est en posture, prêt à tirer, avoir suffisamment de longueur de sagaie devant soi. En effet, lorsque l’on prend la posture, environ un tiers de la sagaie se retrouve derrière soi et on ne voit plus l’orientation de l’ensemble de la sagaie. Si la sagaie est assez longue, on a une meilleure vision de l’orientation du projectile car la sagaie dépasse suffisamment devant soi.

TIR RECTILIGNE
AXE VERTICAL

Avec un tir rectiligne, le positionnement de la sagaie lors de la posture ne changera plus au moment du vol. Pour réussir un tir dans l’axe vertical, il faut que la sagaie pointe cet axe au moment de la posture. Si un autre tireur se place derrière nous, dans l’axe du projectile, il voit où la sagaie va aller. Souvent un droitier oriente sa sagaie trop à droite de l’axe à cause de la mauvaise orientation du poignet. Pour garder l’axe vertical il faut penser avant de tirer à regarder vers l’arrière l’orientation latérale de son propulseur. Le propulseur doit aussi être à plat, le crochet vers le haut. Un crochet dévié vers la droite va faire tirer à gauche.


La pointe de la sagaie nous permet de viser, mais c’est aussi la totalité de la sagaie qu’il faut bien orienter. Dans la recherche de l’axe on doit placer la pointe et le reste de la sagaie avec notre visée au centre de la cible quelque soit la distance. Il est possible quand on est dans la posture, d’avancer le bras avec la sagaie et la propulseur et pointer le centre, presque comme si on était en fin de poussée. Puis sans changer la position de la sagaie,
reculer jusque à la posture de départ, la main en arrière de l’oreille, puis on prend la hausse.

Cela permet aussi de voir une plus grande longueur de sagaie pour la visée. Une exception toutefois, les cibles en dévers, en travers d’une pente. Si par exemple la pente descend vers la droite, le corps, le mouvement, le projectile est aussi entrainé vers la droite. Pour compenser cela, deux possibilités : soit augmenter la vitesse du mouvement au moment du tir pour contrer l’inertie, soit contre viser à gauche pour un dévers à droite. Au lieu de régler sa sagaie sur l’axe du centre, il faut estimer un déport vers la gauche.

HAUSSE

Une sagaie lancée, lors de sa trajectoire, décrit un vol rectiligne au départ puis commence à perdre de la vitesse et descendre. La hausse est un réglage de la hauteur d’orientation de la sagaie au moment de la posture. Le but étant que la sagaie arrivée sur la cible frappe à la bonne hauteur. Une cible courte, 10 mètre par exemple, nécessitera une hausse à zéro. On orientera la sagaie plein centre. Une cible longue, 20 mètres par exemple, nécessitera une hausse de 50 centimètres sur la cible.

On orientera la sagaie sur le cercle des 1 point dans l’axe du centre. Une exception, une cible très courte, 8 mètres, nécessitera une baisse. Au moment du tir, sous l’impulsion, la sagaie va se cabrer au départ et n’aura pas le temps de se redresser arrivée sur une cible très courte.

C’est pour cela qu’il est parfois utile de prendre de la baisse, surtout si la cible est en contrebas. Pour une 8 mètre par exemple la baisse sera de 8 centimètres en dessous du centre, soit pointer le cercle des 4 points. Les repères de hausse correspondent à la puissance de tir, la taille du tireur, la longueur de ses bras, la longueur du propulseur, la longueur de la sagaie, son poids, sa souplesse, son diamètre, la qualité du matériau utilisé pour le fut de sagaie… Ils sont donc variables pour chacun.

Voici mes repères de hausse qui peuvent vous donner un ordre d’idée :
8 mètres baisse cercle du 4 points
10 mètres hausse de zéro
12 mètres hausse cercle du 4 points
14 mètres hausse cercle du 4 points
16 mètres hausse entre cercle du 4 points et cercle du 3 points
18 mètres hausse cercle du 3 points
20 mètres hausse cercle du 1 point
22 mètres hausse de 10 centimètres au dessus du cercle des 1 point
24 mètres hausse de 40 centimètres au dessus du cercle des 1 point
26 mètres hausse de 40 centimètres au dessus du cercle des 1 point

Mais reste à chacun de déterminer sa hausse sur des cibles à plat. Pour prendre la hausse, axe réglé, on a la pointe de la sagaie qui pointe le centre de la cible et en basculant le poignet vers l’arrière on monte cette pointe au point de hausse. Le bras ne bouge pas, on ne doit pas soulever la sagaie, mais basculer la sagaie au point de hausse. Lorsque l’on connait ses hausses pour toutes distances, il faut s’adapter à des cibles qui peuvent être positionnées dans une montée ou dans une descente. Les hausses déterminées à plat sont identiques pour des tirs vers le bas. Une exception peut être pour une 10 mètres qui est en descente à fort dénivelé peu demander une légère baisse de quelques centimètres, soit baisse cercle des 4 points. Lorsque les cibles se présentent dans une montée les hausses déterminées à plat ne sont plus toutes valables. C’est le cas le plus difficile pour déterminer une hausse. Là, seule l’expérience et l’entraînement permettront de connaître sa hausse pour des tirs en montée.

TIR EN POUSSÉE LATÉRALE

Cette technique de tir augmente la puissance, la vitesse du projectile. Elle a l’inconvénient de demander de calculer un déport latéral de l’axe de tir vers la droite pour un droitier pour compenser la poussée vers la gauche de la fin du tir. Ceci est aussi valable pour une personne droitière avec un oeil directeur gauche même si elle tire avec un tir rectiligne. Ce déport latéral augmente en fonction de la distance et doit être évalué pour chaque distance comme on le fait pour un calcul de hausse.
En poussée latérale les calculs de hausses sont les mêmes que en poussée rectiligne, à part qu’il y a moins de hausse à prendre. A la technique de poussée latérale peu s’ajouter un mouvement dit en cuillère qui soulève
la sagaie au moment du tir. Cette technique engendre des nouveaux paramètres encore plus difficiles à maîtriser. C’est en poussée latérale que l’on voit parfois un tireur avec une sagaie qui pointe à droite de la cible et qui va se planter dans l’axe de la cible. C’est en poussée latérale plus cuillère que l’on voit une sagaie qui pointe en bas à droite de la cible et qui va tout de même se planter dans l’axe à bonne hauteur.
En poussée latérale il est impossible de tirer dans un couloir d’arbres par exemple car la sagaie va partir à droite pour revenir dans l’axe en fin de trajectoire. En tir rectiligne on pourrait tirer à travers un couloir étroit presque comme une meurtrière sans toucher les murs.

LE TIR

Lorsque l’on est en posture, que l’on a sa sagaie dans l’axe et que l’on a pris la hausse nécessaire, il ne faut plus bouger, il faut regarder le centre et tirer. Il ne faut plus regarder son point de hausse, sinon on risque de pousser vers son point de hausse et tirer trop haut. Donc : posture, axe, hausse, on regarde le centre et on tire.
Au moment du tir, la jambe arrière commence à pousser, la jambe avant à fléchir. Le bras de propulseur commence à avancer et quand la main arrive au niveau de la tête, le poignet commence à se redresser et le propulseur à basculer vers l’avant. Le mouvement se termine par la jambe avant fléchie, la jambe arrière tendue, le bras tendu vers le centre de la cible, le propulseur dans le prolongement du bras comme pour montrer le centre.

Pour que la sagaie aille au centre le propulseur doit montrer le centre, l’ensemble du corps accompagne cette direction. Le contact du propulseur et de la sagaie est maintenu même quand la sagaie a quitté le crochet du propulseur, jusqu’à l’impact. L’autre bras, le bras d’équilibre, suit une course inverse de la poussée. Avec l’élan en poussée rectiligne le propulseur et le bras de propulseur sont souvent entraînés vers le bas.

En poussée latérale le propulseur bascule sur le côté droit pour un droitier et vient finir sa course sur le côté gauche. Le mouvement du corps au moment du tir va de plus en plus vite, c’est le mouvement du poignet en fin de tir qui donnera la vitesse maximale. Le mouvement du poignet doit être
suffisamment rapide pour que la sagaie se décroche au bon moment. Si le coup de poignet est trop lent par rapport au mouvement du corps, on risque de rabattre la sagaie au pied de la cible en tir rectiligne ou trop à gauche en tir latéral. Il ne faut pas tirer de toutes ses forces. Mais il faut tirer très fort pour avoir un maximum de réussite. Au tir à l’arc, on reste zen, on ne bouge pas. Au tir au propulseur on bouge violemment. On doit tirer avec la même puissance, sur toutes les cibles quelque soit la distance. Posture, visée, tir, on doit finir par arriver à tirer toujours de la même façon. Seul le paramètre de hausse si la cible est en hauteur est à gérer. Les cibles proches, 8, 10 et éventuellement 12 mètres demandent un peu moins de puissance pour permettre à la sagaie de ne pas trop se plier au départ et d’avoir le temps de se redresser arrivé à la cible.
Pendant la poussée, la sagaie doit effectuer une translation. La sagaie a une position choisie de hausse et d’axe, pendant la poussée elle ne doit pas aller vers la droite ou la gauche, vers le haut ou le bas, elle doit aller uniquement vers l’avant, comme si elle avait un réacteur à l’arrière au niveau de la cupule. Le mouvement du corps, du bras et du propulseur ne doit donc pas soulever, baisser, décaler à gauche ou à droite. Le mouvement doit projeter la sagaie dans la direction choisie par la visée. Pour cela le corps, le bras et le propulseur s’esquivent pour laisser passer la sagaie.
Lors des entraînements, une quarantaine de tir minimum dont trois à chaque distance est conseillé. Il faut s’entraîner à plat pour acquérir des repères de hausse, mais ensuite il est bon d’essayer toutes les situations de tir en changeant la cible de place. On peut s’apercevoir d’un défaut dans notre tir ou notre posture. Lorsque l’on rectifie on tirera moins bien. Il faut le temps d’intégrer un nouvel automatisme. Il en est de même lorsque l’on modifie sa technique de tir ou encore plus son matériel.
A l’entrainement surtout si on est pas seul on a tendance à commenter notre tir ou celui du voisin. Quand on a tiré, il faut savoir pourquoi on a pas réussi un centre, causes multiples ou cause unique, pour pouvoir rectifier. Il ne faut pas faire attention au défaut des autres tireurs ni en parler, il ne faut pas parler du défaut que l’on a eu, on peut tout juste y penser.

Si quelqu’un tire avec trop de hausse et qu’on le dit, les tireurs suivants vont être inconsciemment influencés à prendre moins de hausse pour rectifier le tir du voisin qu’ils se sont approprié.
B. B.

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